Aujourd’hui, découverte de la Voie Gombault, dans le Massif de la Sainte-Baume.

Situé entre Marseille et Toulon, il couvre environ 30 km de long sur 12 km de large. Son point culminant est à 1147 m au Béguines. Côté sud du relief le milieu naturel est typique de l’eco-système provençal, en opposition avec son flanc nord plus abrupt et dominant une forêt dense remarquable par l’originalité de sa flore et de son climat.

Au départ du parking des Trois Chênes, par le sentier Merveilleux (balisé en jaune), la voie Gombault nous mène au Jouc de l’Aigle (1148 m) par un sentier abrupt où les mains sont indispensables en de nombreux endroits.

 

Vue, peu après le départ de la voie, Sainte Victoire, Regagnas, Mont-Aurélien

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Cette voie ne nécessite pas de baudrier, mais elle assez aérienne, souvent, les mains doivent être sollicités.

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Ici un cairn, la voie est balisée en noir

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Arrivé au bout de la voie, vue en direction de l’ouest sur le chemin du retour par col du Saint-Pilon (non visible ici).

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Petit regard en arrière.

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L’âge du voyageur est celui où le jugement est formé, et la tête meublée des connaissances requises. Sans ces deux conditions, ou l’on ne rapportera rien de ses voyages, ou l’on aura fait bien du chemin et dépensé beaucoup d’argent pour ne rapporter que des erreurs et des vices.
Je voudrais au voyageur une bonne teinture de mathématiques, des éléments de calcul, de géométrie, de mécanique, d’hydraulique, de physique expérimentale, d’histoire naturelle, de chimie, du dessin, de la géographie, et même un peu d’astronomie; ce qu’on a coutume de savoir à vingt-deux ans, quand on a reçu une éducation libérale.
Que l’histoire de son pays lui soit familière. Les hommes qu’il questionnera sur leur contrée l’interrogeront sur la sienne, et il serait honteux qu’il ne pût leur répondre. Il est presque aussi ridicule d’aller étudier une nation étrangère sans connaitre la sienne, que d’ignorer sa langue, et d’en apprendre une autre. Pour un français par exemple, tout voyage doit être précédé du voyage de la France.
Que la langue du pays ne lui soit pas tout à fait inconnue; s’il ne la parle pas, du moins qu’il l’entende.
Ayez lu tout ce qu’on aura publié d’intéressant sur le peuple que vous visiterez. Plus vous saurez, plus vous aurez à vérifier, plus vos résultats seront justes.
Ne soyez point admirateur exclusif de vos usages, si vous craignez de passer pour un causeur impertinent. La plupart de nos Français semblent n’aller au loin que pour y donner mauvaise opinion de nous.
Gardez-vous de juger trop vite, et songez que partout il y a des frondeurs qui déprécient, et des enthousiastes qui surfont.
L’esprit d’observation est rare. Quand on l’a reçu de la nature, il est encore facile de se tromper par précipitation. Le sang-froid et l’impartialité sont presque aussi nécessaires au voyageur qu’à l’historien.
Une des fautes les plus communes, c’est de prendre, en tout genre, des cas particuliers pour des faits généraux, et d’écrire sur ses tablettes en cent façons différentes: « A Orléans toutes les aubergistes sont acariâtres et rousses. »
Vous abrégerez votre séjour et vous vous épargnerez bien des erreurs, si ous consultez l’homme instruit et expérimenté du pays sur la chose que vous désirez savoir. L’entretien avec des hommes choisis dans les diverses conditions vous instruira plus en deux matinées que vous ne recueilleriez de dix ans d’observations et de séjour.
Le médecin vous dira de l’air, de la terre, de l’eau, des productions du sol, des métaux, des minéraux, des plantes, de la vie domestique, des moeurs, des aliments, des caractères, des tempéraments, des passions, des vices, des maladies ce que l’homme d’Etat ignore.
L’homme d’Etat vous donnera sur le gouvernement des lumières que vous chercheriez inutilement dans le médecin.
Si vous interroger le magistrat sur les lois et sur la police, vous sortirez de sa conversation plus instruit de ces deux choses que l’homme d’Etat.
C’est sur le commerce, son étendue, son objet, ses règlements, les manufactures qu’il faut entendre le commerçant, si vous voulez en discourir plus pertinemment peut-être que le magistrat.
L’homme de lettres connaitra mieux que le commerçant l’état des sciences et les progrès de l’esprit humain dans son pays.
Si vous sollicitez l’artiste, il se chargera volontiers de vous conduire devant les chefs d’oeuvre en peinture, en sculpture, en architecture qui sont sortis des mains de ses concitoyens et qui décorent leur patrie. Ecoutez-le, sous peine de faire le rôle d’Alexandre dans l’atelier de Phidias, ou d’entendre le mot de notre Puget à un grand seigneur qui avait forcé la porte du sien: « Ah ! c’est une tête !… Ah ! cela me parle !… »
L’ecclésiastique épuisera votre curiosité sur la religion.
C’est ainsi que la contrée où chacun est à sa chose, et n’est qu’à sa chose, vous qui n’aurez qu’un moment à rester et pour qui il n’y aura presque rien d’indifférent, vous en saurez à la vérité moins qu’aucun des habitants sur l’objet qui lui est propre, mais plus qu’eux tous sur la multitude des objets qui sont étrangers à leurs conditions.
Sortez de la capitale, et faites le même rôle dans les autres villes.
Parcourez les campagnes. Vous entrerez dans la chaumière du paysan, si vous ne dédaignez pas l’agriculture et l’économie rustique. L’agriculture est-elle à vos yeux la plus importante des manufactures ? Connaissez-la.
Si vous n’êtes pas un homme de peu de cervelle, vous pratiquerez partout le conseil que je vais vous donner. Arrivée dans une ville, montez sur quelques hauteurs qui la domine, car c’est là que par une application rapide de l’échelle de l’oeil vous prendrez une idée juste de sa topographie, de son étendu, du nombre de ses maisons, et, avec ces éléments, quelque notion approchée de la population.
Ecoutez beaucoup et parlez peu. En parlant vous direz ce que vous savez ; en écoutant vous apprendrez ce que les autres savent.
Si vous remarquez quelque contradiction dans les récits, ne tenez pour certain que le fait qui vous sera généralement attesté.
Appréciez les témoignages ; vous ne tarderez pas à discerner l’homme instruit et sensé à qui vous pourrez accorder de la confiance, du discoureur ignorant, indiscret, frivole, qui n’en mérite aucun ; ce dernier parle de tout avec une égale assurance. Ne balancez pas à croire celui qui se renferme dans les choses de son état.
Et surtout méfiez-vous de votre imagination et de votre mémoire. L’imagination dénature, soit qu’elle ne retient rien, soit qu’elle enlaidisse. La mémoire ingrate ne ritient rien, la mémoire infidèle mutile tout. On oublie ce qu’on n’a point écrit, et l’on court inutilement après ce que l’on écrivit, avec négligence.
C’est en vous confortant à ces préceptes, qu’on pourrait augmenter d’un grand nombre d’autres, que de retour dans votre patrie, vos concitoyens se feront un plaisir de vous écouter, et qu’ils oublieront en votre faveur le proverbe qui dit: « A beau mentir qui vient de loin ».

Denis Diderot
Voyages en Hollande et dans les Pays-Bas autrichiens
Editions La découverte
978 2707 175 427

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Je ne sais quand je rendrai « la barque prêtée » comme disait mon père. Je ne suis pas un extraterrestre. Je dois mon endurance à une vie frugale, à une dynamique naturelle puisée dans une hérédité saine. J’ai eu d’immenses privilèges, dont celui d’être éduqué par des parents très cultivés, bons, appartenant à une lignée de pasteurs protestants; celui d’exercer le métier de ma passion, celui d’une constante soif d’apprendre, comprendre, découvrir, donner.

Je vais être appelé à passer sur l’Autre Rive. J’avoue ne pas être pressé, il me faudrait encore quelque deux cent ans pour, peut-être, épuiser ma soif de curiosité, mon désir de faire avancer la Connaissance et d’éclaircir ce point Alpha d’où nous sommes nés, de découvrir d’autres pays. Je ne suis pas inquiet de franchir le passage, j’en éprouve même une extrême curiosité, je me cristallise sur la question de savoir s’il y a quelque chose de l’autre côté du voile. C’est un prodigieux problème que cet Au-Delà. Mais je ne me précipite pas vers lui. Il me reste beaucoup de tâches, des travaux à terminer. Et surtout à mettre de l’ordre. Un ordre pluridirectionnel bien sûr. Enfin « la barque prêtée » était bonne. Elle ne m’a pas fait couler au fond. Les privilèges qui m’ont été données étaient tels, presque scandaleux, en regard des déshérités de l’âme et du corps qui peuplent le monde. J’ai toujours pu garder le droit fil d’une dimension spirituelle qui va de soi. Le bilan, ce n’est pas à moi de le faire. C’est à quelqu’un d’autre et à ceux que l’on aime ou que l’on aurait pu aimer.

Théodore Monod                                                                                                                            « Le Chercheur d’Absolu », 1997

 

Coucher de soleil ˆà Fisterra

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